Wurtzbourg, 26-29 mai 2026 — Dans le cadre d’une initiative visant à améliorer le diagnostic de l’aspergillose pulmonaire chronique (APC), le Dr Koffi David, chercheur à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), a effectué une mission de recherche à l’Université Julius-Maximilians de Wurtzbourg, en Allemagne. Ce déplacement s’inscrit dans un partenariat international Nord-Sud visant à renforcer les capacités locales et à développer des outils diagnostiques innovants.

L’APC, causée par le champignon opportuniste Aspergillus, constitue une menace majeure pour la santé des patients ayant survécu à la tuberculose, notamment en Afrique où environ 500 000 cas sont recensés chaque année, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 25 %. La difficulté à distinguer cette infection des séquelles tuberculeuses complique encore le diagnostic, en particulier dans les régions à faibles ressources.

Objectifs et innovations du projet
Ce programme vise à évaluer la pertinence clinique des lymphocytes T spécifiques afin de différencier efficacement l’APC de la tuberculose active ou résiduelle. L’approche repose sur la recherche translationnelle et le développement d’une plateforme diagnostique basée sur l’analyse des réponses immunitaires cellulaires. Parmi les priorités, l’identification de signatures T spécifiques à l’APC et la validation de cette méthode sur des échantillons cliniques concrets.

Une collaboration technologique renforcée
Durant son séjour, le Dr Koffi a participé à la mise en œuvre des premières expérimentations, notamment des essais d’enrichissement des cellules T réactives aux antigènes (technologie ARTE), sous la supervision du Dr Natalie Nieuwenhuizen. Cette formation constitue une étape clé pour transférer ces techniques en Côte d’Ivoire, afin de pérenniser et de renforcer les capacités locales.
Ce projet bénéficie du soutien de plusieurs partenaires dont le Fungal Infection Trust, le CMM International Fund for Global Advancement of Medical Mycology (piloté par le Dr J. Claire Hoving de l’Université du Cap) et l’IPCI. Le Dr Koffi assurera la coordination scientifique en Côte d’Ivoire, notamment en transférant les protocoles expérimentaux et en formant les équipes locales.
Une sensibilisation à l’impact des co-infections
En parallèle des activités en laboratoire, un séminaire (Lab Talk) a été organisé, réunissant des experts internationaux, dont le Professeur Oliver Kurzai de l’Université de Wurtzbourg. Intitulé « Hidden coinfection: How fungal exposure shapes tuberculosis outcome in resource-limited settings », cet échange a permis de sensibiliser la communauté scientifique aux défis diagnostiques liés aux infections fongiques opportunistes chez les patients tuberculeux en Afrique.

Perspectives
Ce partenariat stratégique ouvre la voie à une meilleure compréhension de la réponse immunitaire face aux co-infections pulmonaires et à la mise en place d’outils diagnostiques plus accessibles, adaptés aux contextes épidémiologiques de l’Afrique subsaharienne. La réussite de ce projet contribuera significativement à réduire la morbidité et la mortalité liées à l’APC.
Dr David Koffi a tenu à remercier la direction de l’institut, notamment le Professeur Meite Syndou le directeur de l’IPCI et le Professeur Toure Offianan André , directeur scientifique , ainsi que ses partenaires internationaux pour leur soutien indéfectible dans cette lutte contre l’aspergillose pulmonaire chronique.