La directrice régionale de la Banque mondiale, Trina Haque, a visité l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) à Adiopodoumé, jeudi 8 octobre 2026, afin d’évaluer les capacités scientifiques et techniques de l’institut et d’explorer les perspectives d’un accompagnement dans ses futurs projets, notamment en sécurité sanitaire, biotechnologie et préparation aux pandémies.


Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement du partenariat entre la Banque mondiale et l’IPCI. Elle fait suite à l’audience accordée par le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’gou Dimba, représenté à ce jour par la conseillère technique Dr Assouan Marie-Chantal.


À l’accueil du Professeur Méité Syndou, directeur de l’IPCI, et des responsables du secteur de la santé, Trina Haque a parcouru plusieurs infrastructures stratégiques, dont les laboratoires de référence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la plateforme de génétique moléculaire, le Centre d’étude des pathogènes à risque infectieux sévère (CEPRIS) et la biobanque régionale pour l’Afrique de l’Ouest.

« Cet institut est une ressource majeure pour la Côte d’Ivoire, mais aussi pour l’ensemble de la région Afrique de l’Ouest et Centre », a souligné Trina Haque, en mettant en avant l’intérêt de la Banque mondiale pour les capacités actuelles de l’IPCI et ses perspectives de développement. Elle a salué les capacités de l’institut et son rôle dans le dispositif de sécurité sanitaire en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, ajoutant que visiter l’IPCI représente « une grande opportunité » pour la Banque mondiale.

Pour le Professeur Méité Syndou, le développement de laboratoires à haut niveau de sécurité biologique, notamment les niveaux P3 et P4, est un enjeu clé pour améliorer la détection et la prise en charge des agents pathogènes dangereux. L’épidémie d’Ebola en 2014 a notamment révélé les difficultés liées au transport d’échantillons à haut risque vers des laboratoires spécialisés.

Le directeur de l’IPCI a également évoqué les défis de sécurisation des infrastructures et de maintenance des équipements, qui nécessitent des financements dédiés.
L’institut entend renforcer ses capacités en biotechnologie, en génomique et en intelligence artificielle. Selon le directeur scientifique, le Professeur Touré Offianan André, la création d’un laboratoire de biotechnologie est envisagée afin d’identifier des cibles vaccinales et de produire des protéines recombinantes, contribuant ainsi au développement de futurs produits de santé.

Ces avancées pourraient favoriser la recherche vaccinale et réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des approvisionnements extérieurs, comme l’a illustré la pandémie de COVID-19.
La Banque mondiale a déjà soutenu l’IPCI dans l’acquisition d’équipements et dans les activités liées à la pandémie. Entre 2020 et 2022, l’institut a réalisé plus de 1,6 million de tests de détection du virus.

Dans le cadre de son plan stratégique 2026-2030, l’IPCI vise à renforcer son rôle de référence en recherche et surveillance épidémiologique, selon l’approche « Une seule santé », qui associe les domaines humains, animal et environnemental.
À l’issue de la visite, Trina Haque a félicité les équipes pour le travail accompli et a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale à accompagner les prochaines étapes de développement de l’institut, notamment dans le domaine de la sécurité sanitaire.