Abidjan, du 2 au 6 février 2023 — Dans le cadre d’un effort visant à améliorer la surveillance épidémiologique et la détection précoce des maladies infectieuses, une formation de cinq jours s’est tenue à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, site de Cocody. Cette initiative, qui mobilise une douzaine de laboratoires régionaux, vise à renforcer leurs capacités dans la gestion des pathologies telles que le choléra, la méningite et les salmonelloses.
Une réponse à la recrudescence des maladies infectieuses

Organisée par le projet IPCI-CDC GHSA, cette formation intervient en réponse à la récente augmentation des cas de choléra et autres maladies infectieuses dans le pays.
Selon Dr Yéo Alain, médecin microbiologiste au département de Bactériologie et Virologie de l’Institut Pasteur, l’objectif est clair : « Nous souhaitons doter les laboratoires régionaux des compétences nécessaires pour diagnostiquer rapidement ces pathologies et assurer un acheminement efficace des échantillons vers le laboratoire national de référence. » Il précise que l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire regroupe vingt Centres Nationaux de Référence (CNR), dont ceux spécialisés dans la méningite, le choléra et les salmonelloses.
Une formation pratique et théorique pour un diagnostic renforcé

Les participants, issus de divers Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) tels qu’Abengourou, Bondoukou, Korhogo, Odienné, Man, Daloa, San Pedro, Gagnoa, Divo, Bouaflé, Yamoussoukro et Bouaké, ont été formés à l’acquisition de compétences en diagnostic bactériologique, gestion des stocks d’intrants et bonnes pratiques en laboratoire.

La formation s’est articulée autour de deux principaux volets : une partie théorique de deux jours, axée sur l’épidémiologie et la biologie des agents pathogènes, et deux jours de pratique en laboratoire. Lors de ces sessions pratiques, chaque participant a manipulé des agents pathogènes responsables de la méningite, du choléra et des salmonelles. La dernière journée a été consacrée à la gestion des intrants et à l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement.

Des techniques de pointe pour un diagnostic précis

Les activités pratiques ont permis aux participants de se familiariser avec diverses techniques, telles que la culture du liquide céphalo-rachidien (LCR), le sérotypage des salmonelles, l’examen cytobactériologique du choléra, ainsi que l’identification bactérienne. Des exercices sur la gestion des stocks et la chaîne d’approvisionnement ont également été réalisés pour renforcer la logistique des laboratoires régionaux.
Une étape clé pour la santé publique

Ce renforcement des capacités constitue une avancée majeure dans la lutte contre les maladies infectieuses en Côte d’Ivoire. « Améliorer la détection précoce et la réponse rapide aux épidémies permettra de mieux protéger la population », souligne Dr Yéo Alain.
Témoignages de participants


Aka AHIZI, biologiste et manager à San Pedro, s’est dit satisfait de la composante pratique de la formation : « La mise en situation réelle et la manipulation des souches sont très enrichissantes. Cela nous permettra d’améliorer nos diagnostics locaux. »
De son côté, le médecin biologiste Dr HOUEDANOU Chantal épouse Kra a insisté sur l’importance de renforcer les compétences dans les régions : « La détection rapide en région évite des transferts longs vers le centre. Cela permet une prise en charge immédiate et une surveillance renforcée. »
Une vision pour la décentralisation du diagnostic

Les participants ont également plaidé en faveur d’une décentralisation accrue des activités microbiologiques. « La mise en place de centres régionaux de diagnostic facilitera la prise en charge des patients et renforcera notre capacité à gérer rapidement les épidémies », a lancé Dr HOUEDANOU Chantal épouse Kra.
Remerciements et perspectives
Tous ont exprimé leur gratitude envers l’Institut Pasteur pour cette initiative. « Nous remercions chaleureusement l’Institut Pasteur, ses formateurs et la direction pour cette formation qui contribuera durablement à l’amélioration de la surveillance et du diagnostic dans nos régions », ont-ils conclu.
Ce renforcement des laboratoires régionaux marque une étape importante vers une meilleure gestion sanitaire, adaptée aux enjeux épidémiologiques locaux et régionaux.